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Casque ou pas casque ? Cela dépend...

Le "pour" et le "contre", on fait le point. Comment choisir un bon casque ? Et qu'en pense Pro Velo ?

Le casque utile pour la sécurité des cyclistes ? Pas si sûr, si on s’en réfère au dossier de la Fubicy, Fédération française des Usagers de la Bicyclette. Les cyclistes urbains ne sont pas plus exposés au risque de traumatisme crânien que les piétons et les automobilistes.

Il va de soi que le port du casque vélo ne permet pas de prévenir les accidents. En revanche, davantage de sensibilisation et une meilleure infrastructure cyclable peuvent y contribuer, certainement dans le cas cité plus haut.

Obligé ?

Nul ne conteste que le casque peut être (très) utile dans un certain nombre de cas. Mais son obligation pose quelques questions. Tentons de faire le point.

Le débat relatif à l’utilité du casque existe depuis longtemps. Ses partisans et ses opposants s’affrontent à coup d’études contradictoires pour prouver qu’ils ont raison.

Les partisans soutiennent que le port du casque vélo réduit les risques de lésions à la tête et peut sauver la vie.

Pour le Dr Jake Olivier et Prudence Creighton, deux épidémiologistes de l'université de Nouvelle-Galles du Sud en Australie, l'efficacité du casque ne fait plus de doute. C'est le résultat d'une méta-analyse publiée dans l'International Journal of Epidemiology .  "Ils démontrent que le port du casque à vélo réduit les risques de blessure grave à la tête de presque 70 %, et que ceux qui portent ce type de protection ont 65 % de risques en moins d'avoir un traumatisme crânien dont l'issue serait fatale."

Les opposants au casque avancent plusieurs arguments.

  • Comme dans d’autres domaines, les médias jouent un rôle important dans la perception de danger qu’inspire la circulation à vélo, en faisant la une des décès de cyclistes ou en relayant les messages parfois inutilement alarmants de certaines sources scientifiques, sans faire d’analyse contradictoire. Or, faire du vélo (pour se déplacer, sans notion de vitesse) n’est pas dangereux en soi. C’est plutôt le manque de respect de certains automobilistes qui peut engendrer un sentiment d’insécurité.
  • Le risque de lésion à la tête n’est pas plus important pour un cycliste que pour un automobiliste ou un piéton. Une étude britannique avance un risque de lésion à la tête de 30 % en cas d’accident, tant pour les cyclistes que pour les piétons. La FUBicy (Fédération française des Usagers de la Bicyclette) parle elle de 17 % de risque pour les cyclistes et 26 % pour les piétons.
  • Selon cette même FUBicy, la promotion ou l’obligation du casque laisse à croire que le vélo est dangereux, ce qui en décourage la pratique. En Australie et en Nouvelle-Zélande, où le casque a été rendu obligatoire, le nombre de cyclistes a chuté de 30 %. Cette diminution du nombre de cyclistes peut avoir comme effet d’accroître le sentiment l’insécurité (notion de « masse critique »). En effet, le nombre de lésions à la tête a diminué de 20 %, mais cette réduction ne peut être attribuée au seul casque, car la même tendance a été observée chez les piétons et les automobilistes et ce, avant même l’entrée en vigueur de l’obligation. Elle s’est poursuivie, mais compte tenu de la diminution du nombre de cyclistes, on ne peut en tirer de conclusions claires.
  • Les cyclistes portant un casque prendraient davantage de risques en raison du sentiment de sécurité qu’il procure.
  • Une étude britannique (Dr. Ian Walker, 2006) démontre également que les automobilistes gardent moins leurs distances lorsqu’ils dépassent des cyclistes casqués, ce qui a pour conséquence d’accroître le risque de collision avec ces derniers.
  • En outre, la FUBicy relève que dans les études relatives aux effets du port du casque, il n’est souvent pas tenu compte du fait que la pratique du vélo est bénéfique pour la santé et que les avantages qu’elle procure surpassent les éventuels risques qui y sont liés.
  • Enfin, il faut savoir qu’un casque ne protège pas contre un choc violent. La résistance moyenne d’un casque moderne homologué (Norme CE 1078) permet de supporter un choc de maximum 23 km/h. Au-delà, casque ou pas, il n’y a plus de différence significative.

Quel casque ?

Un bon casque doit être léger et impérativement bien ajusté à votre tête. Pour une protection optimale, nous vous recommandons d’opter pour un casque qui couvre les tempes.

Pour choisir un bon casque :

  • vérifiez qu’il porte le label d’homologation européenne EN 1078 ou 1080\. Attention, un casque ne présentant que le label CE ne convient pas ;
  • privilégiez un casque de fabrication In-Mold pour une meilleure qualité (coque plastique et coque polystyrène fabriquées dans le même moule) ,
  • essayez le casque : serrez bien la jugulaire et remuez la tête. Si le casque bouge ou serre trop fort, prenez une autre taille. Attention : un casque n’est réellement efficace que si les sangles sont correctement tendues sous le menton.

Petit conseil : si le casque a subi un choc important, n’hésitez pas à le remplacer. Car, même s’il a l’air intact, la matière destinée à absorber les chocs a perdu de son efficacité.

La position de Pro Velo

Dans la mesure où il a été démontré que l’obligation du port du casque entraîne une diminution du nombre de gens optant pour le vélo comme mode de déplacement quotidien, Pro Velo n’est pas favorable à cette obligation.

En revanche, nous ne manquons jamais l’occasion de recommander aux jeunes enfants de porter un casque, au moins jusqu’à ce qu’ils fassent preuve de suffisamment d’équilibre et de maîtrise de leur vélo pour se déplacer de façon sûre et autonome dans le trafic. Nous le recommandons aussi pour les cyclistes qui pratiquent le vélo sportif ou qui roulent en groupe à une certaine vitesse.

Pour les autres, à chacun de choisir en conscience…

Aller + loin

L’asbl Pro Velo développe des solutions personnalisées pour faciliter et renforcer la transition vers le vélo et contribue ainsi à une meilleure qualité de vie.