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L’éducation au vélo : une tâche pour parents et enseignants

En Belgique comme ailleurs, le trafic devient chaque jour plus dense. Presque tout le monde est concerné : le trafic est quasiment omniprésent. C’est pourquoi il est nécessaire d’apprendre aux enfants un comportement responsable et sûr sur la route, pour eux-mêmes et pour les autres.

L’école a ici un rôle important à jouer. A côté d’une formation à la sécurité routière, l’élève doit être incité à réfléchir de façon critique aux aspects sociaux de son comportement dans le trafic.

Quelle éducation à la sécurité routière dans l’enseignement primaire ?

* L’éducation à la sécurité routière doit être adaptée à l’âge des enfants, à leur développement psychomoteur ainsi qu’aux expériences qu’ils font dans leur environnement en tant que piéton ou cycliste : ils pourront ainsi mettre en pratique les acquis dans leur quartier.

* Plus que la plupart des matières scolaires, elle doit être orientée vers la pratique : ce qui est central n’est pas tant la connaissance du code que les aptitudes et le comportement de l’enfant dans le trafic.

* Comme toute autre matière, elle doit être enseignée avec enthousiasme : l’intérêt et la motivation sont cruciaux dans le processus d’apprentissage.

* Typiquement, il ne s’agit plus d’un apprentissage pour l’école, mais pour la vie. L’éducation à la sécurité routière est l’affaire de tous, parents et enseignants.

* La conclusion majeure de nos travaux de recherche est qu’en la matière, l’enfant apprend en situation concrète, dans le trafic.

Pourquoi un entraînement pratique ?

L’éducation à la sécurité routière s’est jusqu’ici limitée à la transmission de connaissances sur le trafic, principalement les règles et signaux de circulation. Il ressort de nos tests que les enfants d’école primaire connaissent en général bien les règles de circulation. Comme les adultes, ils ont parfois des problèmes d’interprétation, par exemple avec les règles de priorité. Des élèves de troisième année avec expérience pratique du vélo font preuve de meilleures aptitudes et d’un comportement plus sûr sur la route que des élèves de sixième année qui n’ont pas cette expérience.

Le processus d’apprentissage est donc plus efficace lorsqu’il reçoit un feedback, de préférence individuel. Celui-ci peut être verbal ("tu l’as bien fait parce que…") ou visuel, via une démonstration pratique.

Par conséquent, il est vivement souhaitable qu’à côté des connaissances théoriques données en classe, la maîtrise du vélo soit exercée en cour de récréation et l’aptitude à la conduite mise en pratique dans la circulation. Les exercices et le test de maîtrise peuvent être pris en charge par le professeur d’éducation physique familiarisé avec le travail de psychomotricité.

Un programme "d’apprentissage de la sécurité à vélo" pour les enfants du cycle primaire

Pour être complet, on sera attentif aux aspects suivants :

1. la connaissance de la conduite à vélo est enseignée en classe, autant que possible à l’aide d’un matériel audiovisuel. Une diapositive dit plus qu’une description, un film, plus qu’une dia. Le trafic se déroule en situation dynamique et ne peut être condensé sur une diapositive ;

2. la maîtrise du vélo peut être travaillée à l’aide d’exercices dans la cour de récréation. Notre test comprend un ensemble d’aptitudes à acquérir avant de se lancer dans le trafic en toute sécurité et ce, même accompagné : rouler droit, prendre des virages, freiner et s’arrêter sans perte d’équilibre. Un enfant est considéré comme ayant une maîtrise suffisante du vélo lorsqu’il peut parcourir le circuit en moins de 75 secondes, indépendamment de son âge ou de son année d’études ;

3. l’aptitude à rouler à vélo doit être développée en situation réelle, c’est-à-dire en rue. L’idéal est un accompagnement individualisé, par exemple avec les parents ou grands-parents. L’exemple du "modèle" à imiter joue chez l’enfant un rôle important, autant pour comprendre que pour répéter et assimiler le bon comportement. Progressivement, l’élève pourra affronter des situations plus complexes et rouler sans accompagnement. Pour rouler en toute sécurité dans le trafic, il faut pouvoir compter sur une bonne connaissance du code et une maîtrise suffisante du vélo pour se concentrer exclusivement sur la perception et l’action. Les dix principales tâches que le jeune doit réaliser dans le trafic sont décrites dans la brochure. Elles peuvent être mises en pratique lors d’une randonnée à vélo ou du déplacement domicile-école.

Les enfants sont d’autant mieux armés face à des situations de danger qu’ils ont été confrontés à des cas de circulation nombreux et variés. Les jeunes enfants ont un comportement plus prudent que les adolescents, mais se fient trop à la capacité d’anticipation des automobilistes. Les enfants à partir de 10 - 11 ans sont capables de résoudre des problèmes de circulation sous la contrainte du temps. Une étude des mouvements oculaires chez les jeunes cyclistes montre que ce n’est qu’avec l’expérience du trafic que les enfants apprennent à sélectionner l’information utile. Dans le film "Rouler à vélo en toute sécurité", on donne l’exemple d’une trajectoire à suivre le long d’une file de voitures en stationnement. Plus on maîtrise le vélo, plus on garde de l’attention pour le trafic. Un enfant dont la trajectoire n’est pas encore sûre s’occupe encore trop de son vélo et pas assez de l’environnement.

Mieux vaut débuter les exercices en rue dans un environnement connu et simple. On passera plus tard à des tâches plus difficiles, comme la traversée d’un carrefour sans feux ou le virage à gauche.

L’asbl Pro Velo développe des solutions personnalisées pour faciliter et renforcer la transition vers le vélo et contribue ainsi à une meilleure qualité de vie.